IFICI 2026 : qui peut en bénéficier selon son pays d'origine ?
Audrey Marques
Consultante en implantation & création d'entreprise au Portugal
Fondatrice de Business Portugal, Audrey accompagne les entrepreneurs francophones dans la création de leur société au Portugal et l'ouverture de leur compte bancaire. Elle coordonne un réseau de partenaires (comptable, fiscaliste) et oriente vers les bons interlocuteurs, elle n'est ni comptable, ni fiscaliste, ni avocate.
La question revient sans cesse dans les groupes d'expatriés : « Suis-je éligible à l'IFICI parce que je suis français, belge ou suisse ? » Posée ainsi, elle part d'une idée fausse qu'il faut corriger d'emblée. L'IFICI, le régime fiscal portugais qui a succédé au RNH, n'est pas un avantage accordé selon la nationalité ni selon le pays d'origine. C'est un régime réservé aux résidents fiscaux du Portugal qui exercent une activité considérée comme éligible. Autrement dit, ce qui ouvre la porte, ce n'est pas d'où vous venez : c'est de devenir réellement résident fiscal au Portugal, avec un profil professionnel qualifié et reconnu. Le pays d'origine joue un rôle, mais ailleurs : du côté du départ, dans la manière dont vous quittez fiscalement votre pays actuel. Cet article démêle les deux sujets, et précise d'emblée que la fiscalité fine relève d'un fiscaliste : Business Portugal vous oriente et vous met en relation, sans se substituer à lui.
L'IFICI ne dépend pas de la nationalité, mais de la résidence et de l'activité
Le point central est simple et souvent mal compris. L'IFICI est un régime de résident fiscal portugais. Pour en relever, il faut d'abord devenir résident fiscal au Portugal, c'est-à-dire y déplacer le centre réel de votre vie, puis exercer une activité qui figure dans le périmètre éligible. La nationalité française, belge, suisse ou autre n'entre pas dans l'équation : un Portugais qui rentre au pays après des années à l'étranger et un Français qui s'installe à Lisbonne sont jugés sur les mêmes critères, l'activité et la résidence, pas sur leur passeport.
Le périmètre des activités éligibles est volontairement ciblé sur des profils actifs et qualifiés : chercheurs, professions hautement qualifiées au sein d'entreprises éligibles tournées notamment vers l'exportation, fonctions de recherche et développement, postes au sein de startups certifiées. C'est un régime pensé pour attirer de la compétence et de la valeur ajoutée, pas pour récompenser un statut passif. Point capital et souvent source de déception : l'IFICI exclut les retraités. Un projet construit autour d'une pension ne relève pas de ce régime, contrairement à ce que laissait croire l'ancien RNH dans certaines de ses versions.
Autre malentendu fréquent : on ne « coche » pas l'IFICI sur un formulaire d'arrivée. Le bénéfice du régime suppose une reconnaissance préalable de l'activité par les autorités compétentes : il n'est jamais automatique. Il faut documenter le caractère éligible de la fonction, l'employeur ou la structure, et respecter le calendrier de demande. C'est précisément cette absence d'automatisme qui rend l'accompagnement utile, et qui explique pourquoi tester son éligibilité en amont évite des projets bâtis sur une hypothèse fausse.
Pourquoi le pays d'origine compte quand même : le sujet du départ
Si l'IFICI ne dépend pas du pays d'origine, ce pays détermine en revanche la manière dont vous quittez fiscalement votre point de départ, et c'est là que se logent les vrais enjeux. Pour un résident français, l'analyse commence par l'article 4 B du Code général des impôts, qui définit la résidence fiscale au regard de critères de fait : foyer ou lieu de séjour principal, exercice de l'activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. La résidence ne se résume jamais à un décompte de 183 jours ni à une adresse déclarée : c'est la réalité de votre vie qui tranche. Tant que ces critères vous rattachent à la France, vous restez résident français, IFICI portugais ou non.
Le départ peut aussi déclencher des mécanismes spécifiques selon le profil. L'exit tax de l'article 167 bis du CGI vise les plus-values latentes sur des participations importantes au moment du transfert du domicile fiscal : un fondateur ou actionnaire significatif qui s'installe au Portugal doit l'examiner. Bonne nouvelle pour qui vise le Portugal, État membre de l'Union européenne : le transfert vers l'UE ou l'EEE ouvre un sursis de paiement automatique. Côté France, la convention fiscale franco-portugaise, signée le 14 janvier 1971, en vigueur depuis le 18 novembre 1972 et modifiée par l'avenant du 25 août 2016, encadre la répartition de l'imposition entre les deux États et doit être lue en parallèle de votre situation.
Tous ces paramètres dépendent du pays d'origine, pas de l'IFICI lui-même. Un entrepreneur venu de Belgique, de Suisse ou d'ailleurs aura un cadre de départ différent, avec ses propres règles de sortie de résidence. C'est pourquoi la bonne méthode consiste à traiter deux questions distinctes : suis-je éligible à l'IFICI au Portugal, et comment se passe ma sortie fiscale de mon pays actuel. Les deux se préparent ensemble, mais ne se confondent pas.
Profils éligibles, profils exclus : poser le bon diagnostic
Du côté éligible, on retrouve les profils que le régime cherche à attirer : un chercheur recruté par un centre ou une entreprise éligible, un cadre hautement qualifié intégrant une société tournée vers l'export, un ingénieur en recherche et développement, un profil rejoignant une startup certifiée. Le dénominateur commun est l'exercice effectif d'une activité qualifiée, au sein d'une structure reconnue, depuis le Portugal et en tant que résident fiscal portugais. La forme juridique de votre activité au Portugal, qu'il s'agisse d'une Unipessoal Lda, d'une Lda ou d'un statut d'indépendant, se choisit en cohérence avec ce projet.
Du côté exclu ou à risque, plusieurs cas reviennent. Les retraités, d'abord, qui sont hors du champ de l'IFICI. Ensuite, les personnes dont l'activité ne relève pas du périmètre qualifié visé par le régime : exercer une activité, même florissante, ne suffit pas si elle n'entre pas dans les catégories éligibles. Enfin, et c'est le piège le plus fréquent, ceux qui pensent obtenir l'avantage sans déplacer réellement leur résidence. L'IFICI est un régime de résident portugais : si votre foyer, votre direction effective et votre activité restent ailleurs, vous n'êtes pas résident du Portugal au sens fiscal, et le régime ne s'applique pas. Pire, vous vous exposez dans votre pays d'origine.
Parce que ces frontières sont fines, le réflexe utile est de poser un diagnostic avant de décider quoi que ce soit. Tester son éligibilité, confronter son profil réel aux catégories du régime et identifier les points à faire trancher par un professionnel évite d'engager un déménagement sur une base erronée. C'est exactement l'objet de l'outil que nous mettons à disposition.
Le vrai risque n'est pas au Portugal, il est dans votre pays de résidence
Voici le point d'honnêteté que peu de discours commerciaux assument. Pour quelqu'un qui reste, en fait, résident de son pays d'origine tout en affichant une société ou une adresse au Portugal, le danger principal ne vient pas de l'administration portugaise : il vient de son propre pays de résidence. Une société portugaise dirigée depuis la France peut être regardée comme ayant son siège de direction effective en France, donc imposable en France ; un établissement stable peut être caractérisé. Côté France encore, l'article 209 B du CGI vise certaines détentions de sociétés étrangères soumises à un régime fiscal privilégié, et l'article 123 bis du CGI peut concerner une personne physique détenant au moins 10 % d'une entité étrangère à actif financier sous un tel régime, par renvoi à l'article 238 A.
Sur ce dernier point, une nuance s'impose pour éviter la panique. Le « régime fiscal privilégié » au sens de l'article 238 A correspond à une imposition inférieure d'au moins 40 % à l'impôt français. Or l'IRC portugais de droit commun, dont les ordres de grandeur indicatifs 2026 tournent autour de 19 % en taux standard et 15 % pour les PME sur les premiers 50 000 euros de bénéfice, n'est en principe pas un régime privilégié au sens de ce texte. Mais cette appréciation se fait au cas par cas, selon votre structure réelle, et ces taux sont à confirmer. Ce n'est pas une affirmation à transformer en certitude : c'est exactement le genre de point à valider avec un fiscaliste.
La conséquence pratique est claire. Le Portugal n'est pertinent que si vous vous y installez réellement : votre vie, votre direction effective et votre activité doivent y être. La substance prime sur l'apparence, et une simple adresse ne suffit jamais. L'IFICI ne sauve pas un montage sans installation réelle ; il récompense, au contraire, une expatriation sincère et qualifiée.
La bonne méthode : tester son éligibilité, puis structurer avec les bons relais
L'enchaînement gagnant tient en trois temps. D'abord, vérifier honnêtement si votre profil entre dans les catégories éligibles de l'IFICI : c'est le rôle du test d'éligibilité, qui sert à éclairer la décision avant tout déménagement. Ensuite, cadrer votre sortie fiscale du pays d'origine, en tenant compte de la résidence au sens de l'article 4 B pour la France, d'une éventuelle exit tax et de la convention applicable. Enfin, structurer l'installation au Portugal de façon cohérente avec le projet : forme juridique, NIF, NIPC, immatriculation, mise en relation avec un Contabilista Certificado pour la comptabilité.
C'est précisément là que se situe le rôle de Business Portugal. Audrey est consultante en création et implantation au Portugal : elle coordonne votre projet, le structure et vous oriente, mais elle n'est ni fiscaliste ni comptable. La fiscalité fine, l'analyse de votre éligibilité à l'IFICI au regard de votre activité exacte, le volet exit tax ou article 123 bis côté français, relèvent d'un fiscaliste partenaire, et la comptabilité d'un Contabilista Certificado partenaire. Depuis 2025, plus de 75 entrepreneurs ont été accompagnés dans cette logique d'orientation honnête, qui consiste à dire ce qui relève de nous et ce qui relève d'un professionnel du chiffre ou du droit.
Si le Portugal est sérieusement à l'étude, commencez par le commencement : testez votre éligibilité à l'IFICI pour savoir si votre profil entre dans le régime, puis parlons de la suite ensemble afin de vous orienter vers les bons relais au bon moment.
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